J'entrai dans ce café qui m'avait toujours intrigué jeune, car les vitres étaient teintées de couleur topazes, ce qui brouillait l'intérieur. Je vis une table vide au fond, pris mon courage a deux mains et traversai la salle bondée de gens qui riaient, qui pleuraient ou même qui criaient. Un gros homme vint prendre ma commande et revint cing minutes plus tard, avec mon café moca, l'air ridicule et êxtrêmement essouflé. Je le remerciai, simplement par convention, le payai et pris une gorgée de ma boisson. J'enlevai mon chapeau et le déposai sur la petite table, en le regardant longuement...
Ce chapeau avait traversé un océan d'années, et j'en était le récent héritier. Il avait triomphé de l'empire romain, avait traversé l'Atlantique et découvert l'Amérique, il s'était battu contre des monstres et des sirènes, contre le temps et l'usure, contre la joie et l'amertume. Il avait été propulsé d'un homme à l'autre, de génération en génération. Il avait vécu l'amour, avait vu des gens mourir et des enfants naître. Aujourd'hui, tout cela est terminé pour lui. Mes ancêtres lui ont fait vivre les plus granfes aventures, dignes de roman, mais moi, je n'aie rien a lui apprendre. Oh! que la vie est morne de nos jours. Les pauvre chapeau n'a plus rien a vivre, le courage n'existe plus, cruellement remplacé par la technologie.
La nature est morte, l'aventure se fond et la déception croît. Où sont passés les héros, les héroïnes et les aventuriers? Leur légendaire chapeau serait-il posé sur leur table de chevet? Qu'avons-nous fait de cette vie où le courage vivait encore? Nous l'avons paresseusement remplacé par la facilité. Le chapeau s'est transformé en coupe de cheveux, en teintures où autres soins inutiles. Et la majorité s'y satisfait bien à cette vie, sans bohème ni malice. À cette vie matérialiste. Je voudrais pouvoir porter le chapeau de la même manière que mes ancêtres. Est-ce encore possible? Ce chapeau que l'on portait pour traverser le désert à cheval, que l'on portait pour faire la guerre et ensuite la paix est aujourd'hui victime de la platitude et de la monotonie. Et qui sait pour combien de temps encore. Peut-être jusqu'à la fin du monde. Faites que non. Je ne veux pas mourir tête nue, dans un hôpital qui respire la paresse.
Je me levai de ma chaise, pris mon manteau et mon chapeau et sorti du café. Dès la première bouffée d'air frais, je sentis le vent glacial faire son long chemin à travers mes poumons, pour ressortir en fumée par mon nez. Je marchai quelques minutes le long du fleuve et j'eus envie de m'asseoir. Je dégageai la neige d'un banc enseveli, m'assied et m'allumai une cigarette. La tête me grattais. J'enlevai mon chapeau et le posai à côté de moi, sur le banc rougeâtre. Un rouge que je trouvais de mauvais goût et qui me rappelais la couleur qu'avait pris le gros homme qui m'avait servi mon café moca après avoir traversé toute la salle. Et je repensai à ce qui m'avait brouillé l'esprit et fermé au reste du monde pendant que je buvais ma boisson de tout à l'heure. Dieu seul savait a quel point je revais d'une vie d'aventure. Je regardai une dernière fois le fleuve St-Laurent devant moi, ce fleuve libre et témoin des plus grandes explorations, me levai tranquillement, et parti, l'air tout bête, laissant mon chapeau sur le banc.
From me. Please dont copy.
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J'pense que jvous avais déjà dis que parfois
mes images on AUCUN RAPPORT avec le sujet de mon article.